Un samedi à Louise Michel

Samedi 12 mai 2018, après-midi Encrages/Paris d’Exil à la bibliothèque Louise Michel

Des ateliers, pliages, découpages, transferts, maquillages, écriture, des portraits, des fresque collectives à colorier, un goûter, un concert, une collecte, des discussions, des partages… Beaucoup de monde et une belle ambiance ce samedi à la bibliothèque ! Merci à toutes et tous.

Merci à Florie Saint-Val, Vanessa Hié, Anne Rouquette, Hélène Delbart pour les ateliers, Rémi Courgeon pour les portraits surprises, William Hountondji, Lucien Alfonso, Pierre-Yves Le Jeune pour le concert, Paris d’exil et tous ceux qui contribuent de près ou de loin, pour permettre la rencontre et le partage.

Prochain après midi solidaire, le 21 juillet !

Bibliothèqe Louise MichelFresque à colorierAtelier avec Vanessa HiéUn bel animal la nuitDes papiers de toutes les couleursDes papiers à découperDes portraits en image et en motsPortrait en bleu d'Hélène la NomadeLes portraits par Rémi CourgeonPortraitsCouleurs en rondDes couleurs encoreTigre et lionDu monde au milieu des livresDe la musique, des chansons

Un jour de vote à l’Assemblée

La loi Asile et Immigration a donc été votée au parlement le dimanche 22 avril. Y compris avec les articles les plus controversés sur la rétention des mineurs, la télé audience (présence d’un interprète non obligatoire), le choix par l’administration d’une langue “approchante” dans laquelle serait censé se défendre le demandeur d’asile…

J’ai mis un peu de temps à digérer la séance à laquelle j’ai assisté à l’Assemblée Nationale.

Voilà quelques notes et croquis de ce cirque, dramatique.

Séance publique de l’examen et du vote de la loi Asile et Immigration
Vendredi 20 avril de 9h30 à 13h30

En début de séance, environ 45 députés sont présents.

Ils discutent de l’article 6 de la loi, qui prévoit la télé audience des demandeurs d’asile.

Il y a beaucoup d’amendements à cet article, défendus par des députés de tous bords.

À droite, on traite le ministre de l’intérieur de faux dur, à gauche, on dénonce une atteinte aux droits fondamentaux, une déshumanisation de la justice.

Sonia Krimi est la seule députée LERM à “fronder” ce vendredi matin… Quand elle prend la parole pour exprimer son opinion sur la télé audience, Gérard Collomb lui dit : « Attention Sonia ! »

Elle exprime malgré les pressions son inquiétude vis-à-vis de cette disposition qui, selon elle, va humilier encore un peu plus des personnes déjà soumises à beaucoup de choses indignes.

Mais attention, la qualification de frondeur.euse, ne fait pas de ces députés de grands humanistes pour autant.

Quand Sonia Krimi reprend la parole dans l’hémicycle 15 minutes plus tard, c’est pour dire à ses collègues de la majorité : « mais ne vous inquiétez pas, chers collègues, nous ferons les comptes à la fin de l’année et vous serez satisfaits du nombre d’expulsés. »

Elle est bien dans la ligne de tri, de contrôle et de restriction de l’accueil de sa famille politique, elle veut juste que se soit fait proprement. “Humainement”.

Dans l’ensemble, la majorité assume et défend une posture qui viserait à concilier humanité et fermeté. Humanité et réalisme économique. Pour le groupe LR, il faut être réaliste, nous n’avons pas les moyens d’accueillir au vu de notre situation économique.

L’idée que l’on puisse relativiser des acquis et des droits fondamentaux au privilège de l’économie est un principe acquis.

Tirons-en les conclusions qui pourront être appliquées à tous les champs sociaux.

Un moment m’a particulièrement choquée : un amendement du Modem, pour s’assurer de la présence d’un interprète lors de la télé audience, est rejeté lors d’un vote serré à main levée. Un député FI demande un second vote avec comptage des voix, le président de séance refuse. L’amendement est rejeté, c’est tout.

Inquiétant aussi, les attaques contre les associations.

Dès qu’un député cite une association, qui n’a plus besoin de prouver son sérieux, telle que la Cimade, le Gisti ou la LDH, les députés de droite s’en prennent violemment à celles-ci.

Les associations ne sont que des structures qui vivent des deniers de l’état, ne faisant que retarder et freiner la bonne marche de l’administration.

Concernant les mineurs isolés étrangers, il y a eu de nombreuses attaques, les députés LR y revenaient constamment. Ils n’auraient pas dû parler puisque non concernés par cette loi. Ces jeunes qui doivent être protégés par l’Aide Sociale à l’Enfance ont été sans cesse traités de menteurs, « il faut faire quelque chose pour endiguer ce flot »… On voit bien la tentative de criminalisation et de sortir du droit à la protection de l’enfance ceux qui sont étrangers.

Enfin, aller à l’Assemblée permet de voir, sans le cadre de la caméra, les proximités, collusions entre différents groupes politiques. Ici, le cousinage malsain entre le groupe LR et le FN est plus qu’avéré. Les députés LR, Ciotti et Dumont en tête, ont proposé beaucoup d’amendements très durs, ils ont beaucoup débattu, ont raillé la loi comme étant faussement dure, se sont moqué des droits des exilés et des associations. Les députés du FN, assis justes derrière, sont souriants, bras croisés, ils applaudissent. Le travail est fait.

Et puis il y a des choses qui ne changent pas, quand un député dit « cela rappelle les heures les plus sombres de notre histoire », Marine Le Pen et ses collègues rigolent, fort, en ajoutant « Oh la la, ça va hein »…

Mais ça, on est habitué.

Le moment des débats autour de cette loi que je garderai en tête est le discours de la députée Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des Lois, vu en retransmission sur LCP. Car il montre toute l’hypocrisie de la majorité présidentielle.

En ouverture de séance le lundi 16 avril au soir, elle s’est fendue d’un texte qui se voulait humaniste, poétisé même à certains endroits… « J’ai vu des enfants dessiner des naufrages… » « J’ai vu des personnes prêtes à renoncer à leurs droits au Centre de Rétention Administratif du Mesnil Amelot… » pour finir avec… « c’est pourquoi je défends ce projet de loi. »

Un projet qui justement entérine le droit d’enfermer des enfants parce qu’étrangers, qui restreint tous les droits des exilés.

Notes et dessins, Judith Gueyfier

 

Ensemble le 12 mai

Ateliers, fresque, goûter, collecte… Prochaine journée Encrages /Paris d’exil “ensemble avec les familles migrantes”

le 12 mai 2018, de 14 à 18 heures
à la bibliothèque Louise Michel
29 rue des Haies Paris 20e

 

 

 

 

 

• Pour télécharger les 4 versions de l’affiche, cliquer sur ce lien :

12 MAI 2018 BIBLIOTHEQUE LOUISE MICHEL 4 versions.

Ensemble, protégeons les humains

Des lettres, des mots, des humains en banderoles, de Paris à Ouistreham, partout en France, pour protéger d’autres humains.

Cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand.

Pour adhérer, payer sa cotisation 2018, pour faire un don à Encrages, une cagnotte est en ligne :

la cagnotte Encrages

 

Une tribune criée par Encrages

Suite à nos réactions au sujet des enfants enfermés dans des centres de rétention, nous écrivons une lettre aux députés. Cette lettre est signée de plus de deux cent cinquante auteurs·trices, illustrateurs·trices, acteurs·trices du livre jeunesse.

Au moment où les parlementaires sont en train de débattre de la loi Asile et Immigration qu’ils passeront au vote bientôt, il nous semble essentiel de nous faire entendre, de crier cette tribune à leurs oreilles.

Vous pouvez télécharger la lettre, la diffuser, l’envoyer à votre député.

Vous pouvez aussi imprimer les affiches, les mettre dans votre librairie, vos bibliothèques, vos lieux associatifs…
(Il y a trois visuels que l’on peut afficher séparément ou ensemble).

• Télécharger la lettre aux députés :
Lettre aux députés

• Télécharger les affiches :

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Pétition Cimade• Vous pouvez aussi signer la pétition de la Cimade.

Le texte de la lettre

Profession : auteurs·trices, illustrateurs·trices, éditeurs·trices, acteurs·trices à tous les niveaux de la littérature jeunesse.

Humeur : colère, indignation.

Raison : les conditions d’accueil des exilés, de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants qui se réfugient en France.

Antécédents : publication et diffusion du livre “Eux c’est nous”, ventes solidaires d’illustrations originales au profit d’associations qui soutiennent les exilé·e·s, rencontres, partages, échanges partout avec les réfugiés.

Nous, professionnels de la littérature jeunesse, n’acceptons pas que l’on enferme des enfants, qu’on les contraigne à vivre dans des conditions de précarité insupportables.

Organiser des manifestations culturelles dédiées aux enfants, oui. Ignorer leurs conditions de vie, bafouer leurs droits fondamentaux, c’est non. Non et non.

Un migrant sur trois est un enfant.

Premières victimes des conflits, des changements climatiques et de nos guerres économiques, ils sont frappés de plein fouet.

Pour eux qui n’ont pas eu la chance de naître du bon côté d’une frontière, commence dès les premiers jours de leur vie, l’expérience du déracinement et de l’exil auxquels s’ajoutent, à leur arrivée sur notre territoire, le rejet et les violences administratives d’un État qui préfère fermer les yeux.

Nous vivons dans un pays où l’on en arrive à enfermer des hommes, des femmes qui n’ont rien fait d’autre que chercher à survivre, se protéger, un État qui enferme des enfants, des nourrissons.

Le 22 février dernier, le Défenseur des droits a écrit au Premier ministre pour l’alerter sur cette situation inacceptable : la France enferme des enfants en centre de rétention administrative au mépris de la Convention internationale des droits de l’Enfant.

La France a déjà été condamnée à cinq reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme pour l’enfermement des enfants.

305 enfants étrangers ont été enfermés en métropole en 2017.

Mais ça continue…

Pays : France, en Europe

Époque : début du XXIe siècle

Lieu : centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, près de Roissy.

Le 28 février 2018, la Cimade signale une dizaine d’enfants enfermés au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot.

C’est un lieu de privation de liberté pour des gens qui n’ont commis aucun délit. Il est situé non loin des pistes de l’aéroport, des avions atterrissent et s’envolent à proximité sans arrêt dans un bruit qui ne fait qu’augmenter un stress qu’on peut facilement imaginer.

Des hommes, des femmes, des mineur·e·s isolé·e·s, de jeunes enfants, des nourrissons, des femmes enceintes, des personnes malades y sont enfermés dans des conditions très précaires et dans l’angoisse quotidienne d’être renvoyés dans un pays où ils ont été maltraités et dans lequel, bien souvent, leur liberté et leur vie sont menacées.

Les conditions de survie dans le CRA du Mesnil-Amelot sont indignes. Plusieurs tentatives de suicide ont été signalées par les personnes enfermées.

Le 21 février 2018, le gouvernement a présenté un projet de loi qui envisage de porter de 45 à 90 jours, voire 135 jours dans certains cas, la durée maximale de l’enfermement en centre de rétention.

135 jours…

La Cimade demande :

— l’inscription dans la loi de l’interdiction de l’enfermement des mineurs dans les centres et locaux de rétention,

— en France comme en Europe, la réforme de l’ensemble de la politique d’immigration, afin de rompre avec une politique d’éloignement forcée et de garantir les droits et libertés fondamentales.

— La fermeture des centres et locaux de rétention et plus largement la suppression de toutes les formes d’enfermement spécifiques aux personnes étrangères.

Nous écrivons, nous illustrons, nous réalisons, nous portons des livres imaginés pour les tout-petits, pour les enfants, les adolescents.

Nous nous sentons d’autant plus concernés par ce qu’ils vivent dans ces CRA et plus généralement dans leur exil et cet accueil indigne qui leur est fait.

Nous demandons le respect de la Convention des droits de l’Enfant.

Nous demandons une protection inconditionnelle de tous les mineurs isolés étrangers sur notre territoire.

Nous appuyons les demandes de la Cimade et insistons sur l’arrêt de tout enfermement des enfants réfugiés et sur leur nécessaire protection.

Ne l’oublions pas : ces enfants, ces adolescents, sont les femmes et les hommes qui feront la société dans laquelle nous vivrons demain…

Parce que une politique de l’accueil et de l’asile est possible, accueillons-les comme tout humain se doit d’accueillir un autre humain.

L’enfance en barbelés

Au pays des droits de l’homme, l’enfance en barbelés.

Dans une époque bousculée de conflits, de changement climatique et de guerres économiques, les enfants, les adolescents de cette planète sont frappés de plein fouet.

Un migrant sur trois est un enfant.

Grandir avec cette expérience du déracinement, vivre avec ce qu’on a vu, vécu, sur ces routes de l’exil… et subir ensuite le rejet, les violences administratives d’un état qui se replie sur lui-même.

À ce jour, la Cimade

signale une dizaine d’enfants enfermés au Centre de Rétention Administratif du Mesnil Amelot. 305 enfants étrangers auraient été enfermés en 2017.

C’est un lieu de privation de liberté pour des gens qui n’ont commis aucun délit, si ce n’est celui d’être étranger. Il est situé au bord des pistes de l’aéroport de Roissy, des avions le survolent chaque minute.

Des hommes, des femmes, des mineur.e.s isolé.e.s, de jeunes enfants, des nourrissons, des femmes enceintes, des personnes malades y sont enfermés dans des conditions très précaires et dans l’angoisse quotidienne d’être amenés à l’aéroport et renvoyés dans un pays où ils ont été maltraités, voire dans un pays où ils risquent leur vie.

Le défenseur des droits, le 22 février dernier, s’est inquiété de l’enfermement des enfants dans ce lieu, en dépit de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

La France a été condamnée 5 fois par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour l’enfermement des enfants.

Le 21 février 2018, le gouvernement a présenté un projet de loi et envisage d’augmenter la durée maximale de l’enfermement en centre de rétention pour passer de 45 à 135 jours.

De plus, le CRA du Mesnil Amelot est de plus un lieu insalubre, indigne, où plusieurs tentatives de suicide ont été signalées par les personnes enfermées.

Pour rappel, la Cimade demande :

— en France comme en Europe, réformer l’ensemble de la politique d’immigration, afin de rompre avec une politique d’éloignement forcée et de garantir les droits et libertés fondamentales.

— Fermer les centres et locaux de rétention et supprimer plus largement toutes les formes d’enfermement spécifiques aux personnes étrangères.

Des explications vidéo de la Cimade sur l’enfermement des enfants au CRA

France : enfants détenus

"On n'a jamais vu autant d'enfants en centre de rétention." De plus en plus d'enfants seraient enfermés dans des centres de rétention en France.

Posted by AJ+ français on Mittwoch, 7. März 2018

Les conditions de vie sordides au CRA du Mesnil Amelot