Loi asile immigration

Mercredi 21 février, jour de la présentation du projet de loi “asile immigration” au Conseil des ministres.

Des banderoles dans Paris, un appel à manifester.

Manifestation cet après midi à partir de 18h30, de Saint-Michel à l’Assemblée Nationale


Alors que la politique envers les migrants s’est déjà considérablement endurcie, le projet de loi Asile/Immigration présenté aujourd’hui en conseil des ministres marque un tournant ultra répressif pour les personnes exilées et des difficultés multipliées pour les personnes, collectifs et associations solidaires qui les soutiennent.

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Les personnes exilées font déjà face au règlement Dublin, qui est particulièrement dur. Il permet aux pays d’Europe d’expulser plus facilement les personnes déboutées du droit d’asile vers l’Afghanistan ou le Soudan par exemple, pays où la vie des personnes est pourtant en péril.

Pendant le plan grand froid, nombre de personnes “dublinées” ont eu peur de se rendre dans des structures d’hébergement d’urgence, la circulaire Collomb autorisant les contrôles et le tri dans ces structures.

La France ne prend pas ses responsabilités et laisse de nombreux mineurs isolés à la rue.

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Avec ce projet de loi, tout va devenir encore plus difficile. Il va fabriquer délibérément de l’illégalité.

Les réfugiés qui devraient bénéficier du droit d’asile, d’une instruction convenable et de recours face aux refus, vont devenir de nouveaux sans-papiers.

Diminuer le délai pour les demandes d’asile (de 120 à 90 jours), imposer une langue aux demandeurs, changer leurs conditions de convocation, raccourcir les délais de recours (de 30 à 15 jours), c’est ajouter encore de la précarité et de l’urgence à la souffrance. Alors qu’aucun moyen supplémentaire n’est mis en place en préfecture pour permettre l’instruction de ces demandes, cela revient à empêcher concrètement les exilés de pouvoir bénéficier de leurs droits, pourtant garantis par les conventions internationales.

Apparemment, c’est le but.

Concernant les “sans-papiers”, ces “mauvais migrants” qu’on voudrait opposer aux “bons réfugiés”, le projet propose essentiellement l’allongement de la durée de rétention (145 jours au lieu des 45 actuels). Cette disposition, inefficace au demeurant, est un signal lancé à l’opinion publique  : celui d’une fermeté cynique.

Le message adressé aux exilés est donc parfaitement clair  : réfugiés ou non, ils n’auront que 90 jours pour résoudre leur situation, avec des moyens d’instruction précaires et dans des conditions d’accueil indignes. Faute de quoi ils passeront par la case prison, ou du moins centre de rétention.

“Humanité” et “fermeté”, vraiment  ?

Nous nous opposons aux tris des personnes.

Nous défendons un accueil inconditionnel de tou.te.s les exilé.e.s.

Encrages