Mémoire de pierre

Des pierres sous un pont.
Des pierres plutôt que des corps.
Des pierres,
inertes comme des pierres tombales.

Pourtant, elles sont belles, ces pierres. Belles en elles-mêmes et bonnes à transformer. À tailler, à sculpter, à transformer en oeuvres d’art.

A-t-on jamais vu une pierre laide ?

Ce sont les intentions des hommes qui sont laides.

L’humain est doué pour la cruauté, la bêtise, l’abjection, il y fonce tête baissée, la conscience anesthésiée, la mémoire atrophiée.

La peur de l’autre lui fait perdre son sens commun.

Sans sourciller, il transforme les pierres des cathédrales en verrues, en furoncles, en taches blêmes, et hausse les épaules.

– Non mais quoi ? On est chez nous, on fait ce qu’on veut.
– C’est quoi le problème ? Hein ?
– On n’a écrasé personne.

Ont-ils pris toute la mesure de leur décision ceux qui, de leurs bureaux débordant de paperasse, ont fomenté le transfert de ces pierres ?

Honte sur eux d’avoir pensé “anti” plutôt que “accueil”, “fout le camp” plutôt que “fraternité”.

Savent-ils que l’humiliation marque au fer rouge ceux qui en sont victimes ?

Ces réfugiés sont le levain de demain.

Certains grandiront ici, iront à l’école de la République, travailleront à nos côtés, se marieront, feront des enfants, seront enterrés dans cette terre.

Et ils se souviendront, et leurs enfants et les enfants de leurs enfants après eux, de ce sinistre éboulis saluant leur arrivée dans notre beau pays de France, leur pays.

Triste entrée en matière.

Marie Sellier

Journal des pierres

Une semaine à la porte de la Chapelle

Vendredi 10 janvier

C’est le soir.

Une dernière connexion sur Facebook. Je découvre des photos postées par le collectif Solidarité Migrants Wilson. Des pierres installées sous le pont porte de la Chapelle, là où les exilés s’abritent en attendant de pouvoir entrer dans le centre humanitaire saturé. Parmi ces photos un peu floues de blocs de pierres éclairés par la lumière jaune verte d’un réverbère, un homme regarde l’objectif, calmement. Il est assis entre trois pierres.

La pose de ces pierres, là, est d’une froide hostilité. Continuer la lecture de « Journal des pierres »

Carnets du 20 janvier 2017, au Tout va mieux

Après le petit-déjeuner rue de Flandre et rue Pajol, ce même 20 janvier, toujours par – 3°.

Après trois heures dans le froid, on s’est réchauffées avec Carole au “Tout va mieux”. Même dedans, on n’a pas très chaud !

• Cliquer pour voir les images en grand.

Carnets de Marielle Durand et de Carole Chaix.

 

Carnets du 20 janvier

20 janvier 2017

Il fait -3°. Carole Chaix et Marielle Durand retrouvent le collectif P’tit Déj à Flandre, Quai de Seine et rue Pajol. C’était chaleureux malgré ce « grand froid », de très très beaux échanges ont eu lieu autour des carnets de croquis et des tartines…

• Cliquer pour voir les images en grand.

Carnets de Carole Chaix et Marielle Durand.

Journée Solidarité Familles Migrantes

Encrages participera à la Journée Solidarité Familles Migrantes le 26 février de 12h à 18h.

À partir de 14h, nous animerons des ateliers :

  • Fresque géante participative avec Carole Chaix, Magali Le Huche, Géraldine Alibeu, Éléonore Zuber
  • Lectures de Thomas Scotto traduites en pachto et en arabe
  • Atelier “portraits d’animaux” avec Vanessa Hié, en découpages, collages, peinture, feutres…

“Provoquez la rencontre !”

Cette journée est ouverte à tous, amenez de quoi partager avec les familles un gâteau, un jus de fruit… venez avec vos enfants, “provoquez la rencontre”, tel est le mot d’ordre de l’association Polyvalence qui organise cette journée !