Dans la production de Black Widow, chaque scène d’action mobilise une chaîne de décisions techniques précises : qui effectue physiquement la cascade, qui la coordonne, et comment le montage final assemble les prises. Ce processus, invisible à l’écran, structure pourtant l’ensemble du tournage des séquences impliquant Scarlett Johansson et Florence Pugh.
La répartition des cascades entre actrice et doublure dans Black Widow
Attribuer une cascade à l’actrice principale ou à sa doublure cascade n’est pas une décision individuelle. Le réalisateur, le coordinateur de cascades et le département médical de la production en décident ensemble.
Plusieurs facteurs pèsent dans la balance : le niveau de risque réel, la visibilité du visage dans le cadre, la durée de la séquence et les contraintes de planning. Quand le visage de l’actrice est clairement identifiable à l’écran, elle réalise souvent la prise elle-même, avec un mouvement d’amplitude réduite. Les séquences à fort impact physique, chutes ou projections, reviennent à la doublure, puis sont raccordées au montage.
Le périmètre de ce que Scarlett Johansson pouvait réaliser directement a été établi avec le coordinateur de cascades, en fonction de son niveau physique au moment du tournage.
Le travail de la doublure cascade : rôle et visibilité
La doublure cascade intervient bien avant le tournage. Elle teste les mouvements en amont, identifie les zones de risque et affine les chorégraphies avec le coordinateur, avant que l’actrice principale n’en prenne partiellement le relais.
Sur Black Widow, ce rôle a été mis en lumière par le documentaire Moneymaker, centré sur une doublure qui a contribué à la construction visuelle d’un personnage sur plusieurs productions successives.

Florence Pugh, dans le rôle d’Yelena Belova, a bénéficié d’une préparation physique poussée avant le tournage. La répartition entre ses propres prises et celles de sa doublure obéit à la même logique que pour Johansson : lisibilité du visage, niveau de risque, continuité de jeu.
Comment les costumes conditionnent les cascades dans Marvel Studios
Le costume de Black Widow n’est pas un accessoire de style. Sa conception technique influence directement ce que les actrices peuvent réaliser physiquement sur le plateau.
- La combinaison noire de Scarlett Johansson a été conçue pour autoriser une amplitude de mouvement maximale, notamment au niveau des épaules et des hanches, zones où les blocages sont les plus fréquents sur les costumes de super-héroïnes.
- Plusieurs versions du costume coexistent : une version « écran » pour les scènes dialoguées, une version « cascade » renforcée aux points d’impact, et une version allégée pour les plans larges à fort engagement physique.
- Les accessoires intégrés au costume (ceintures, bracelets, holsters) exigent une coordination entre le département costumes et l’équipe cascade pour éviter tout blocage ou accrochage lors des mouvements rapides.
Cette coordination est planifiée dès la pré-production, plusieurs semaines avant le premier jour de tournage.
La documentation scène par scène : qui décide et comment
La traçabilité des décisions de cascade est rarement évoquée dans les analyses des coulisses Marvel. Pourtant, chaque plan d’action fait l’objet d’une consignation dans un registre tenu par le département cascade.
Ce document précise, pour chaque plan, qui exécute le mouvement (actrice ou doublure), les équipements de sécurité utilisés, les conditions de tournage et les validations médicales nécessaires. Il sert à la fois à sécuriser le plateau et à guider le montage, en indiquant quelles prises peuvent s’assembler sans rupture visuelle.
Les effets visuels interviennent dans un troisième temps. Lorsque ni l’actrice ni la doublure ne peuvent réaliser une séquence dans les conditions requises, le département VFX prend le relais : remplacement numérique du visage, prolongement d’un mouvement physique, ou intégration dans un décor entièrement généré.
Cette technique, courante chez Marvel Studios, efface la frontière visible entre ce qui a été tourné physiquement et ce qui a été construit en post-production.
Scarlett Johansson et Florence Pugh : deux préparations distinctes
Les deux actrices n’avaient pas le même historique physique ni le même rapport au personnage, ce qui a conduit à des approches d’entraînement différentes avant le tournage.
Florence Pugh a suivi une préparation physique intensive avant d’incarner Yelena Belova. Ce niveau de condition physique influençait directement la nature des cascades à répartir entre elle et sa doublure.
Le profil physique d’une actrice détermine la part de cascades qu’elle peut assumer, et donc le volume de travail transféré à la doublure et aux effets visuels. Cette logique vaut pour les deux actrices principales du film.
La coordination entre Johansson, Pugh, leurs équipes de doublures respectives et le département VFX représente l’une des contraintes logistiques les plus lourdes d’une production comme Black Widow, où les scènes d’action mettent régulièrement les deux personnages en interaction simultanée.

